Aviateurs alliés passés par Comète via les Pyrénées


N° 067
Section A
IndividuNom/Matricule : Edward "Eddie" T. HEAP / Austr -  405053
Naissance/Décès :..... / 24 novembre 1959
Adresse : "Fernie Brac", Hurdcotte Street; Enoggera-Brisbane, Queensland, Australie
Unité : RAF Bomber Command - 102 Squadron
Grade : Sgt RAAF
Fonction : mitrailleur
Zone d'atterrissage :
Eddie Heap sur ses faux papiers Comète en 1942
AvionType : Handley page Halifax Mk. II
N° série : W7677
Immatriculation/Nom : DY-Q "Queenie"
Abattu la : nuit du 08 au 09 septembre, par la Flak lors d'un raid sur Frankfort
Localisation : écrasé à Rambrouch, 15km à l’ouest d’Ettelbruck (G. D. Luxembourg)
Handley Page Halifax
Action de ComèteRéception : ligne JAM à Liège
Interrogatoire :
Hébergeurs : MEYERS - PATTERSON
Guides nationaux : DE GREEF, MORELLE
Guide international : DE JONGH, JOHNSON
Durée : 5 semaines
Passage des Pyrénées : le 09 octobre 1942

Informations complémentaires : Rapport d'évasion SPG 949 (incomplet).
Extrait d'écrits par Georges Meyers - (1993) : le 17 septembre 1942,  j'ai amené de Heinstert à Bruxelles un aviateur australien de la RAAF, le Sgt Eddy Tomas HEAP, mitrailleur à bord d'un bombardier quadrimoteur Halifax (mais devenu pilote après son retour en Angleterre°. Cet avion rentrait d'un raid sur Francfort dans la nuit du 7 au 8 septembre, avec un moteur en feu et trois tués à bord. Un peu avant Martelange, vers une heure du matin, le pilote , le Sgt Farrel âgé de 20 ans,  a donné l'ordre aux trois survivants de sauter, mais il est resté lui-mêmes aux commandes de l'avion pour essayer de le ramener en U.K.  Il s'est quand même abattu  quelques centaines de mètres plus loin.  Dans la matinée du 8 sep, les Allemands ont capturé deux des trois survivants et ont apposé des affiches menaçant de la peine de mort toute personne qui aiderait l'aviateur en fuite.  C'est d'ailleurs ainsi que les habitants de Martelange ont appris qu'un aviateur allié se cachait quelque part et que la rumeur s'est rapidement répandue  partout dans la région.  Personnellement, je savais qu'un de nos agents de Bruxelles était en contact avec un Service qui avait déjà fait passer en Angleterre plusieurs de nos  agents recherchés par les Allemands.  Mais il aurait fallu un miracle pour  que j'apprenne où se cachait notre aviateur. C'est cependant ce qui est arrivé. En effet, quelques jours plus tard (11 ou 12 sep), avec d'autres villageois de Heinstert, j'aidais dans les champs, nous avons vu arriver une jeune fille que personne de nous ne connaissait et qui demandait à parler à "Georges, le neveu du curé". Elle m'a entraîné à l'écart et m'a dit qu'on avait trouvé l'aviateur allié et qu'un certain Michel DERNEUDEN, habitant rue d'Arlon à Martelange, savait où il était. Nous avons immédiatement été chez lui à velo. Ancien de la Légion étrangère française, il raconte que c'est une petite fille d'une dizaine d'année qui avait vu l'aviateur et  était venu lui dire. Michel m'a conduit auprès de l'aviateur, dans un bois de jeunes sapins  à environs deux cents mètres du carrefour des routes allant de Martelange et Perle où se trouvait un poste frontière allemand. Il était toujours en uniforme RAAF. Je lui ai ramené des vêtements étriqués pour lui et  des sous-vêtements pas du tout aussi chauds que son équipement confortable (blouson de cuir fourré, battle-dress de laine, pull blanc épais à col roulé, sous-vêtements de laine et soie, bottes fourrées). Il grelottait. Nous sommes rentrés à Heinstert à deux sur mon velo par la grand-route (8 kms). Ma grand-mère a été tout de suite d'accord de le loger mais mon oncle avait peur. J'étais en séjour chez eux.
Eddy a pu dormir une nuit chez nous, ensuite, le lendemain, je l'ai conduit chez des amis, à la ferme d'Alphonse SCHMIT, à l'autre bout du village où il est resté jusqu'à son départ le 17, car les gares voisines de Arlon et Habay étaient toujours surveillées par les allemands. Pendant cette période, je me suis rendu compte que les habitants du village connaissaient mes activités sans pourtant jamais chercher à en savoir plus. Il en était de même de mon voisin et ami Joseph USELDING, gros cultivateur et bourgmestre, qui avait à son service un déserteur de l'armée allemande nommé Peter BAKKES, originaire des cantons annexés de l'Est, à Thommen. Il  était bien intégré dans le village et nous rendait des services.
Le 17, avec Alphonse SCHMIT, je conduit Heap à la petite gare de Habay à 7 kms à velo, ramenés par Alphonse et nous avons pris le train pour Bruxelles vers 6 H du matin. Le train était bondé et nous trouvons une banquette de trois, dans un compartiment de 6 places où l'australien détonait avec  son teint de couleur brique, son air étranger et son costume étriqué (homme de grand air qui avait un élevage de 5000 moutons dans le Queensland). Il faisait semblant de dormir et nous arrivons à Bruxelles, quartier Leopold où ma fiancée nous attend. Nous avons conduit Eddy à Woluwé St Lambert chez un agent du service Luc-Marc dont je savais qu'il faisait également partie d'un service d'évasion d'aviateurs alliés, Comète. Il est pris en charge par la Baronne Greindl dont le mari a été arrêté plus tard. Lors  du bombardement des casernes d'Etterbeek où il mourut, mon ami Joseph (Jean VAN SCHUERBEEK), qui était enfermé dans une cellule voisine, aurait pu fuir mais il est resté pour aider à dégager les autes prisonniers. Madame Dédée De Jongh a assuré le passage d'Eddy en France, d'abord en train par Paris et Biarritz, puis à pieds en Espagne par les Pyrénées jusque San Sebastian. De là, les services diplomatiques britanniques l'ont conduit en voiture à Gibraltar où il est arrivé le 12 octobre 1942. Il a epris son service dans la RAAF où il est devenu officier et pilote de bombardier. Il a notamment participé à des opérations de parachutage sur Bastogne encerclé.  En janvier 1946,  il est rentré en Australie et repris son métier d'éleveur de moutons. Il écrit "I was shocked to learn that many of them had been killed by the Huns."
Il est revenu en Belgique après la libération et retrouver quelques-uns de ses "helpers". Il meurt d'épuisement en novembre 1959, sa soeur Moya vient en août 1984 et rend visite à la Baronne Greindl entr'autres."

...Le 16 septembre, un Belge le conduit chez Melle PATTERSON, Avenue Princesse Louise à l'Ouest de Bruxelles (?), une dame âgée qui fut enseignante à l'université de Paris. Elle apprend l'anglais aux membres du réseau. Le 17, il est conduit par "le chef" (?) de l'autre côté de la ville, à la rue Notre-Dame (Greindl ?) et y reste trois nuits. Il est alors conduit à l'avenue des Pagodes à Laeken, où Frost (fiche A065) est déjà. Ils rencontrent le chef du réseau au centre de Bruxelles, qui les emmène à une église. Là, une jeune femme nous questionna pour établir notre identité et on prend leurs photos dans un grand magasin. Plus tard, ils se rendent dans la maison d'une jeune femme où sont déjà Prévôt (fiche A064), Pipkin (fiche A063), Randle (fiche A060) et Frankowski (fiche A062). Ce devrait être chez Elsie MARECHAL.
Prévôt, Pipkin, Randle et lui partent ensemble à Paris avec deux guides. Il reste à Paris pour 3 ou 4 jours chez Mr LECOURT, rue Cherche-Midi à (près de la gare de) Montparnasse. Il est alors déménagé chez "Mr Paul", le père de "Dédée".
Il quitte Paris le 06 octobre avec Elvire MORELLE et Jeanine DE GREEF, et un groupe incluant Frost et Mounts (fiche A061).Ils traversent les Pyrénées avec Andrée DE JONGH et Bee JOHNSON (fiche B037).
Il est interrogé par le MI-9 le 02 novembre 1942.
Voir également la fiche A077

mot de remerciement


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