Aviateurs alliés passés par Comète via les Pyrénées


N° 026
Section A
IndividuNom/Matricule : Reginald John COLLINS / Aus 405035
Naissance/Décès : le 08 février 1913 à Eumundi, Queensland, Australie / le 05 septembre 2000 en Australie
Adresse : Given (Queen ?) Terrace, Paddington, Brisbane, Australie
Unité : RAF 15 OTU
Grade : Sgt
Fonction : Bombardier / Mitrailleur avant
Zone d'atterrissage : environ 15 Km au Nord-Est de Liège, près de Aix-la-Chapelle
Reg Collins sur ses faux papiers français de Comète en 1942
AvionType : Vickers Wellington Mk 1c
N° série : W5586
Immatriculation/Nom : EU-U
Abattu : la nuit du 30 au 31 mai 1942 par un chasseur du 3./NJG1 (Oblt Reinhold Knacke) lors d’une mission sur Cologne
Localisation : écrasé près de Waasmont (Brabant flamand)
Vickers Wellington
Action de ComèteRéception : DONNY
Interrogatoire : Légion Belge (Armée Secrète)
Hébergeurs : FARCY, DEPOURQUE, MERJAY, VIOLETTE, SAN VICENTE
Guides nationaux : DECLERCQ, SCHEUER, DONNY, DE JONGH
Guide international : VAN LIER, DE JONGH
Durée : 4 semaines
Passage des Pyrénées : le 06 juillet 1942
Informations complémentaires : Rapport d’évasion SPG 792.
Il atterrit durement près d'un village non identifié et marche toute la nuit vers le Nord, avec un genou blessé. Il se cache la journée et repart au Sud. Il se repose encore le jour et marche une seconde nuit vers le Sud, où il rencontre des chars allemands. Il passe sans se faire arrêter devant les équipages. Il est à 15 Km de Liège et dort près d'un petit village. Il parvient en Belgique (la frontière avait été déplacée en mai 1940 pour englober à nouveau les Cantons de l'Est). Deux ouvriers le réveillent et lui indiquent une meilleure cachette où ils reviennent le nourrir. Un homme et un prêtre lui donnent 100 FB et de la nourriture (un sandwich au porc), des bottines, un pantalon et une veste et lui indiquent le chemin de Liège.
Il se trompe et six jeunes hommes le conduisent chez le bourgmestre qui le nourrit. Il reprend la route et arrive en province de Liège. Trois hommes le découvrent et le logent deux jours. Le 08 juin, le fils de son logeur le conduit au tram pour Liège. Il arrête avant les agglomérations et marche de nuit et se fait arrêter par deux gendarmes. Quand ils voient sa plaquette d'identité, ils le laissent passer en lui indiquant la route vers l'Ouest et lui serrent la main. Il passe une journée dans une ferme et repart la nuit. On le nourrit et l'héberge, et il peut enfin se raser.
Il est trouvé se cachant sous une haie et conduit par le secrétaire communal chez Mme FARCY et ses trois enfants (Victor, Alice et Henri), dans le village de Bovenistier au Sud de Waremme. Chez les FARCY, Reg Collins peut prendre un bain et se changer. Un instituteur (Firmin) vivait également chez les FARCY et connaissait un jeune Liégeois de 17 ans qui parle anglais : Robert DECLERCQ. Après 3 ou 4 jours, il va le voir avec Collins aux facultés universitaires de Namur où il étudie le droit, ses parents vivant à Londres. La rencontre a lieu dans un café. Il s'occupe de joindre une ligne d'évasion via des connaissances dans la Résistance.
Ils prennent un train bondé vers Gembloux et se rendent d'abord à pied à Sombreffe, puis peuvent monter sur un camion de brasserie. La ferme envisagée est peu sûre et un ami garagiste les reconduit de nuit près de Haneffe en voiture. Ils prennent alors un vélo pour retourner à Bovenistier. Là, Reg Collins reste habiter 3 à 6 semaines (ou quelques jours ?) chez le vicaire à Limont, à 3 Km. Ce vicaire, l'abbé Georges MOUSSIAUX, cachait d'autres aviateurs et fut arrêté et déporté.
Robert DECLERCQ s'occupe de son transfert à Bruxelles via la soeur d'une amie, Denyse SCHEUER ou "Jacqueline" pour son travail de courrier dans un réseau de renseignement, domiciliée au 54, rue Armand Van Campenhout à Ixelles. Cette femme connaît Aline DUMONT.
Robert DECLERCQ revient finalement le chercher à Bovenistier et ils prennent le train à Waremme vers Bruxelles, guidés par Victor et Firmin. Dans un compartiment, ils trouvent la femme (Denyse SCHEUER, du réseau MILL) qui va le guider et qui était montée à Liège. Un officier allemand est assis non loin de Collins qui reste debout durant le trajet et "l'amie" a du mal à rester sérieuse tant Collins a l'air britannique dans son imperméable et avec son chapeau.
A la gare de Schaerbeek, une femme est présentée à Collins, qui la suit. Il s'agit de Madeleine MERJAY, directrice d'une Maison d'Oeuvres au 34 Avenue Voltaire. Selon le récit de Collins, il y est pris en charge par deux hommes dans un hotel, l'un des deux se présentant comme le baron DONAY (Jacques DONNY). Ils l'emmènent dans une maison près d'une gare, où Mme DEPOURQUE (Jeanne MONNIER) le loge dix jours.
Madeleine MERJAY le convoie effectivement ce 15 juin chez le Dr ANDRE au 73 Rue Van Artevelde à Bruxelles, qu'elle a rencontré chez des amis les VANDERVELDE au 79 Boulevard Lambermont à Schaerbeek. Il est ensuite confié le 17 juin à Jacques DONNY pour être évacué par Comète.
Il rejoint le groupe de Goldsmith (fiche A027) et Griffiths (fiche A025) dans le train pour Paris.
Il quitte Bruxelles pour Paris le 23 juin, guidé par Peggy VAN LIER et un homme, accompagné de Goldsmith, Griffiths et d'un sergent polonais prénommé Marian (Zawodny fiche A031). Ils achètent des tickets en France (Valenciennes ?) et achètent des suppléments pour Paris en cours de route. Le groupe voyage en 1ère classe dans un compartiment réservé.
Frédéric DE JONGH les y attend et prend avec lui Goldsmith et Collins pour les conduire chez le Capt VIOLETTE à Vincennes, tandis que René COACHE (fiche B033) emmène chez lui Griffiths et le Polonais pour six jours. Après quatre jours, ils sont rejoints par deux soldats du Argyll & Sutherland : "Jimmie et William" (fiche A036 et fiche A040), capturés sur la Somme et évadés d'un Stalag en Allemagne. Griffiths et le Polonais Marian vont alors dans le quartier du Château de Vincennes, "au QG de l'organisation à Paris" (probablement chez Frédéric De Jongh à St-Maur-des-Fossés). Ils y rencontrent deux Canadiens et un Anglais et y revoient William McFarlane.
Le 04 juillet, Andrée DE JONGH et Elvire MORELLE guident Griffiths, Goldsmith, Collins et Czekalski (fiche A028) de la gare d'Austerlitz à Saint-Jean-de-Luz, à nouveau dans un compartiment réservé en 1ère classe. Ils arrivent le 05 juillet vers 09 heures à Bayonne, et un Anglais ("Bee" Johnson fiche B037) et deux jeunes femmes (dont Jeanine DE GREEF) montent à bord du train. Ils guident Collins et Czekalski par les guichets, tandis que Griffiths et Goldsmith sortent par les toilettes et une sortie de service. Le groupe loge une nuit et un jour dans un appartement, chez Ambrosio SAN VICENTE.
Le groupe part le 06 juillet et reste la journée à Urrugne, à la Maison Thomás-Enea, chez Françoise HALZUET épouse IRASTORZA. Ils traversent les Pyrénées avec Andrée DE JONGH et deux guides basques, l'autre guide (Elvire MORELLE) étant immédiatement rentrée à Paris. Dans un village espagnol, ils prennent contact avec le consulat qui les prend le 09 juillet à Vittoria, d'où ils sont conduits à Madrid en voiture.
Note : La page du W5586 à "RAF Lost Bombers" indique que « R.J.Collins, RAAF » = KIA… ???
Sa photo a été confirmée par sa petite-fille Natashia et sa fille Mary Hockaday.
Nous savons grâce à elles que Reg Collins a préféré suivre des cours de pilotage au Canada, plutôt que de donner des conférences sur l'évasion après son retour. Il devint pilote de Anson et de Dakota au 24 Squadron à Hendon et fit des vols de convoyage jusqu'en Islande. Il arrête les vols en juin et travaille en Angleterre en attendant son rapatriement, s'étant marié en novembre 1944. Il est démobilisé le 16 janvier 1946. Il a reçu en 1965 une lettre de son logeur bruxellois Robert DE CLERCQ.

mot de remerciement


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