Aviateurs alliés passés par Comète via les Pyrénées


N° 158
Section A



Individu

Nom/Matricule : Peter Bellamy SMITH / 1333883
Adresse : Greenway, Boundary Lane, Woking, Surrey
Naissance/Décès :
Unité : RAF Bomber Command - 61 Squadron
Grade : Fl Sgt
Fonction : navigateur
Zone d'atterrissage : lieu-dit "Les Cœuvins" à Habay-la-Neuve.

Smith sur ses faux papiers Comète en 1943

Avion

Type : Avro LANCASTER Mk I
N° série : W4236
Immatriculation/Nom : QR-K
Abattu : la nuit du 9 au 10 août 1943 lors d’une mission sur Ludwigschafen/Mannheim par un chasseur allemand
Localisation : Marbehan, Luxembourg belge

Avro Lancaster

Action de Comète

Réception :
Interrogatoire : Paris
Hébergeurs : BODART, MAUS de ROLLEY, WYKERSLOOTH, ANSPACH, TOUQUET, MENDIARA
Guides nationaux : BODART, BRAHMS, MARTIN, GREGOIRE, GRINGOIR, PAULI, DE GREEF
Guide international : HANOTTE, BOULARD, DIEU
Durée : 15 semaines
Passage des Pyrénées : le 14 octobre 1943


Informations complémentaires :

SPG 1616 (Appendice C).
Après avoir été attaqué pour la deuxième fois par un chasseur, l’avion prend feu et le pilote donne l’ordre de sauter. Smith atterrit dans un champ de maïs avec seulement une chaussure. Il découpe ses épaulettes et insignes et cache son parachute. Le 11 août, Smith aborde une femme à bicyclette qui lui indique de rester caché dans une haie en attendant son retour. La femme (Marie BODART) revient avec sa mère, de la nourriture et des vêtements. Le soir, Smith est emmené dans une ferme près d'Etalle, une dizaine de kilomètres à l'Ouest d'Arlon. Il va y séjourner trois semaines. M et Mme Joseph BODART et leur fille Marie lui apportent à manger tous les jours. A la fin de ces trois semaines (Smith pense qu'il s'agit du 31 août, car il a entendu un discours de Churchill à la BBC), il est conduit dans la maison de Marie BODART, toujours à Etalle, pour une semaine supplémentaire.
Le 07 septembre, Smith est conduit par Marie BODART en bicyclette à la gare de Marbehan. Ils prennent le train pour Libramont où l’attend un homme qu’il doit suivre. Après une dizaine de kilomètres, il doit attendre d’être rejoint à un carrefour, à 16 heures précises, par un homme qui se mouchera dans un mouchoir rouge et il devra employer le mot de passe "Jacques". Il est alors emmené en train et à vélo dans une maison en forêt, à environ 16 Km au Nord-Est de Libramont (le groupe de l'AS de Libramont n'a pas pu identifier la jeune fille qui leur remet Smith).
En chemin, il rencontre un capitaine BRADLEY. Même avec un nom anglais, il s'agit d'un agent belge. Ce dernier lui dit qu'il serait interrogé à Londres par un major King et il lui demande de lui signaler qu'il l'avait aidé dans son évasion. Ce capitaine Bradley est en fait le radio BADGER d'une mission SOE, un agent classé comme "irresponsable". Smith est donc emmené au château de Longchamps, à Champs, propriété du bourgmestre local, Mr Gaston MAUS de ROLLEY. Le samedi 11 septembre au soir, il est emmené de nouveau à Libramont en bicyclette mais comme le guide qui doit le prendre en charge ne se présente pas et qu’il n’y a pas de train prévu le dimanche, il se cache dans une grange, près de la ville.
Le 13 septembre, il rejoint, guidé par le radio luxembourgeois Max BRAHMS, quatre autres Sgt de la RAF dont il ne se souvient plus des noms [Rainsford (fiche A161), Ramsden (fiche A162), Kenny (fiche C014) et Gillman (fiche C015)]. Il les rencontre donc ce 13 septembre dans un chalet de la forêt de Remagne, une cache du maquis du Lieutenant DOMINIQUE, un autre Luxembourgeois.
Le lendemain, des contacts sont pris avec des résistants. Le 14 septembre à 15 heures, ils sont amenés tous les cinq à Libramont par Jean MARTIN et Jean GREGOIRE. Rainsford, Ramsden et Smith doivent se cacher dans une petite cabane d'un chantier des PP Dominicains (à leur insu) juste en dehors de la ville. Gillman et Kenny vont loger chez Paul LAMBERT, le garde-salle de la gare de Libramont, qui les aidera à prendre le train.
Le 16 septembre à 21 heures, le rendez-vous à la gare étant raté, ils sont guidés tous les cinq depuis le chantier des Dominicains par le jeune Jean MARTIN seul, vers le Nord à travers bois et traversent un chemin de fer. Un gendarme les guide une partie du trajet. Ils arrivent enfin au château de Ronfay, où ils sont accueillis par le baron et la baronne de WYKERSLOOTH de ROOYESTEYN. Ce château est à mi-chemin entre Libramont et Libin et dispose d'une piste d'aviation privée. Des piquets sont plantés - mais peuvent être enlevés en quelques heures - sur ce terrain qui pourrait convenir à des bimoteurs. Ils reçoivent des vêtements frais, sont nourris et prennent des bains chauds. Ils logent dans une des dépendances.
Le 19 septembre à 08 heures, ils partent à Bruxelles en train et voyagent en 2e classe. [Smith ne décrit pas qu'ils vont à pied à Libramont en suivant une jeune femme qui leur achète des tickets pour Bruxelles, ni que Le capitaine BRADLEY les regarde partir de loin.] C'est Jean MARTIN et Jean GREGOIRE qui les ramènent au pont de Libramont, où Max BRAHMS les prend en charge jusqu'à la gare. Comme c'est BRAHMS qui est allé à Bruxelles se faire présenter leur guide, Mme GRINGOIR, par le chef de Zéro Maxime Van Praag alias "Rouleau", Mme GRINGOIR ne manque plus le rendez-vous comme le 16 septembre, où elle n'a pas reconnu Jean GREGOIRE et son bouquet de bruyères.
A Bruxelles, Mme GRINGOIR les remet à Dominique PAULI en gare du Luxembourg. Elle les emmène tous non loin de là chez une "Pauline" (Isabelle ANSPACH, veuve PAULI, sa mère), au 30 rue de Naples à Ixelles, non loin du square de Meeus. Un QG allemand est situé trois maisons plus loin.
Comme elle ne peut loger que trois hommes, Smith les quitte le 19 à 14 heures et demi et est conduit en tram et en train dans une maison de la banlieue de Groenendael, Avenue des Anglais, chez Marcel et Suzanne (Mme "Bouffa" (??), où il reste trois semaines.
Le 08 octobre, il retourne chez Isabelle ANSPACH et y dort une nuit.
Smith est guidé à la gare, où il rencontre "Lily" qui amène Beard (fiche a163), Palmer (fiche A164) et Catley (fiche A168). Ils se séparent en paires, avec un guide pour chacun et se rendent à Mons, où ils prennent un autre train pour la frontière (Erquennes). Les guides les y amènent chez un douanier (François BOULARD), une promenade de cinq minutes. Henriette HANOTTE (fiche B075) était guide ce soir-là, et avec Georgette DIEU leur fait passer la frontière, puis elle les guide jusque Paris, avec une autre guide.
Smith et Beard racontent : ils traversent la frontière de nuit avec le douanier, en uniforme et avec l'autorisation de son chef. Il les guide chez un contrôleur de la SNCF à Houdain-lez-Bavay. Ils y restent la nuit et rencontrent une parisienne de 30 ans, qui les prend à Paris. Beard est séparé de Smith le lendemain.
A Paris, un homme (Jacques le GRELLE) lui pose un tas de questions pour l'authentifier et le conduit en banlieue par le métro. Il dort une nuit (Il est logé du 10 septembre au 11 octobre chez Raoul TOUQUET et Lucienne PRIOUL au 16 Rue Henri Tariel à Issy-les-Moulineaux du groupe de Fernande ONIMUS-PHAL) et est conduit à la gare avec un sergent américain. Ils font le trajet en 3e classe et arrivent à Bordeaux le 12 octobre, prenant alors un autre train pour Dax.
Il retrouve Rainsford, Ramsden, Beard et Palmer à Dax. Ils vont à vélo à Bayonne, rejoints par deux nouveaux guides, dont Jeanine DE GREEF. Il loge à Sutar à l'auberge Larre de Jeanne MENDIARA.
Guidé à la frontière espagnole le 13 au soir, ils arrivent à Larressore à la tombée de la nuit. C'est la 62e traversée de Comète. Son groupe passe par Espelette avec un guide seul. Ils traversent la frontière le 14 octobre et sont en Espagne à 2 heures du matin, à la grange appelée "Jauriko borda".
A Elizondo, ils vont à la Guardia Civile et dorment une nuit en cellule. Le 15, ils vont en bus à Pamplune où les Espagnols leur donnent des papiers et les placent à l'hôtel Lecumberri. Le 16, ils téléphonent à l'ambassade et y arrivent le 17. Le lendemain, ils partent de Madrid et se rendent à Gibraltar en passant par Séville. Le vol de retour a lieu le 04 novembre, ils partent à minuit et arrivent à Portreath à 08h15.
Smith est interrogé au MI-9 le 05 novembre

                                              Remerciement                                                                

Mot de remerciement de Peter B. Smith dans le carnet de Pierre Elhorga, St Jean de Luz


smi

Extrait d'archives des "Vieilles Tiges de Belgique" (VTB-1998)), trouvé par André Bar (2015). Ceci est un compte-rendu direct de l'aviateur Peter Bellamy Smith.



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