Aviateurs alliés passés par Comète via les Pyrénées


N° 189
Section A
IndividuNom/Matricule : Henry P. SARNOW / 0-734984
Naissance/Décès : Chicago, Illinois, le 27 novembre 1920 / Newcastle, Californie, le 10 juin 1999
Adresse : 1414 W. Division Street, Chicago 22, Illinois, USA
Unité : 95th Bomber Group / 334th Bomber Squadron
Grade : 2 Lt
Fonction : bombardier
Zone d'atterrissage :
Henry Sarnow en 1941Chez EVAFaux papiers Comète en 1943
AvionType : Boeing B-17 Flying Fortress
N° série : 42-30274
Immatriculation/Nom : BG-Q "Our Bay-Bee"
Abattu le : le 17 août 1943 lors d'une mission sur Schweinfurt
Localisation : écrasé près de Mol
Forteresse Volante B-17
Action de ComèteRéception :
Interrogatoire : EVA
Hébergeurs : FRUITHOF, DECKX, DELEU, BRUSSELMANS, HABERKORN, MENDIARA
Guides nationaux : VAN GYSEGHEM et BECKERS,HOSTE, PONTY, MATTHYS, JADOUL, le GRELLE, DOUARD, HOUGET
Guide international : BOULARD, DIEU, ROGER
Durée : 12 semaines
Passage des Pyrénées : le 12 novembre 1943
Informations complémentaires : MACR 402, E&E n° 230
Il est de l'équipage de White (fiche A132) et Minnich (fiche A191). Les sept autres furent faits prisonniers : Walter A. Baker, pilote ; Cedric L. Nussbaum, navigateur ; Walter T. McDermott, radio ; Alvin O. Forney, mécanicien ; Roscoe J. Alderman, mitrailleur gauche ; William H. Binnebose, mitrailleur droite, et Albert G. Bergeron, mitrailleur arrière. Décollés à 08 heures, ils traversent la côte belge à 18.000 pieds et sont atteints par un obus de Flak. Ayant perdu deux moteurs, les deux mitrailleurs blessés par un autre obus de Flak, ils ne peuvent suivre la formation et font demi-tour vers l'Angleterre. Trois chasseurs bimoteurs les attaquent. Les mitrailleurs signalent qu'ils sont à court de munitions et sautent probablement à ce moment. Ils sont encore touchés au gouvernail et aux stabilisateurs et deux des Me 110 sont abattus. Une explosion projette Minnich dans le compartiment du mécanicien. Une explosion des bouteilles d'oxygène projette le navigateur hors de l'appareil.
Sarnow pousse Minnich hors de l'appareil et saute derrière lui de 12.000 pieds, n'ouvrant son parachute qu'à 5.000 pieds avec Minnich. le vent les sépare. Il peut voir un groupe de 5 parachutes à distance. Il voit son appareil percuter et exploser au sol. Il atterrit dans le même bois où l'avion s'est écrasé.
Deux hommes arrivent alors qu'il se défait de son équipement. Il leur fait signe d'être discrets et entame une conversation en Allemand. Un des deux voit son holster et lui demande son pistolet, lui montrant la direction du canal. En route, il rencontre un autre homme qui lui dit en mauvais anglais de se cacher dans les hautes herbes et d'attendre la nuit, quand il reviendra en sifflant. Il se cache le long d'un canal et est rejoint par Minnich, brûlé. Il découpe des bandages dans son parachute. Un garçon apparaît avec la Mae West de White. Ils le rejoignent et vont sur la rive. Le sauveteur de Minnich leur dit de traverser le canal à la nage. Des Allemands étant à 200 mètres, ils traversent le canal à la nage pour échapper à la foule qui les entoure. Malgré les efforts de Sarnow pour calmer White qui hurle, ils doivent l'abandonner, car il ne sait pas nager, et se cachent pendant que les personnes emportent White.
Auguste FRUYTHOF, un technicien des carrières de sable près de Mol et résistant qui peut parler anglais, leur fournit des salopettes et les emmène un par un dans un bosquet. Il revient avec de la nourriture plus tard. Ils apprennent plus tard que 150 Allemands ont fouillé la zone durant six jours. Sarnow soigne les blessures et les brûlures de Minnich. A 22 heures 30, ils quittent leur cachette à un signal convenu et sont cachés dans la maison de Gus FRUYTHOF. Ils y sont nourris et habillés, soignés et le reste de leur évasion est organisée. Ils y restent trois jours, soignés par sa femme et une infirmière, Géraldine. Minnich a de la fièvre.
Franz BECKER vient leur donner à chacun 1.000 FB et les interroge pour identification. Le 20 août, ils vont à bicyclette à Mol, à 5 Km, leurs logeurs étant menacés.
Récupérés là par la section MNB de Moortgat et Wauters, Minnich et Sarnow sont logés d'abord une semaine chez Jos et Mary VERBRUGGEN, des gens modestes. Leur jeune cousin Louis (Ludo VAN EECKHOUT ?) les conduit ensuite chez un vendeur Ford, Édouard DECKX. Ils restent chez lui du 26 août au 01 ou 03 septembre. Y est hébergé aussi Jean VAN GYSEGHEM (un des dix évadés du voyage de juillet 1941 avec Deppé) et François BECKERS, de la mission "Muskrat-Vampire".
Franz BECKERS arrange leur déplacement à Liège. Ils y vont en 3e classe en changeant de train à Hasselt. Franz leur fait mémoriser l'adresse d'une épicerie au 48 Rue des Tanneurs à Bressoux (chez un M. RAESER selon des documents du SOE) et le mot de passe : "We came from Sgt Turner with instructions from sir Charles to take us to Paris". La femme reste suspicieuse et leur pose un tas de questions. Au cours du souper, elle admet que leur ligne est coupée et qu'ils ne peuvent pas rester chez elle. Ils retournent à Hasselt avec leur guide, qui les conduit chez un dentiste qui lui met des pansements. Le dentiste sort et revient en leur annonçant qu'ils logent chez lui et iront à Bruxelles le lendemain. Il vit avec un boucher qui s'est évadé d'Allemagne.
Le Jeudi 2 septembre, une femme les guide à Bruxelles et ils passent à une pharmacie.
Minnich et Sarnow sont recueillis le 06 septembre 1943 au poste collecteur de François DELEU au 45 Rue des Fraises à Anderlecht. Il est banquier et est marié à Sophie SLUYS. Charles HOSTE les y a identifiés le 03 septembre et les convoie le 06 chez Yvonne BIENFAIT. Il passe une soirée chez René PONTY le 07 juillet, Minnich y restant dormir. Voir photo en bas de page, prise au 18 Rue du Cadran à Saint-Josse. Sarnow va dormir à la Chaussée de Louvain chez une femme âgée. Le lendemain, "Jacques" (Charles HOSTE) revient et annonce qu'il doit y rester une semaine. Le mardi 14 septembre, il rejoint Minnich chez René PONTY. Alphonse ESCRINIER (fiche B073) et une fille lui y apportent une carte d'identité. Il reçoit aussi des nouveaux vêtements, mais il part loger chez Anne BRUSSELMANS du 14 au 20 septembre. Il y voit la photo de Darling (fiche C013) et un de ses sergents.
Il est remis par Gaston MATTHYS (EVA "22") à René PONTY (Eva "22.04") le 15 septembre 1943, en même temps que Minnich. Somme payée à la réception par Anne BRUSSELMANS-MAGNEE pour Sarnow : 675 FB.
Au début d'octobre, ils avaient disparu de son domicile au 18 rue du Cadran, à Saint-Josse-Ten-Noode et PONTY accusa même MATTHYS de les avoir fait enlever. Ils furent retrouvés en novembre et "Gaston" leur fit écrire une déclaration. Après cette affaire, G. MATTHYS chercha une autre organisation offrant plus de garanties.
Il est pris à Bruxelles par "Michou" DUMONT, qui le conduit le 20 septembre chez un forgeron. Du 23 septembre au 03 novembre 43, ils logent chez une pharmacienne à Bruxelles.
Sur cette page on voit une photo de retrouvailles entre Anne et Julien Brusselmans et Sarnow lors d'un show télévisé aux States. La légende de la photo mentionne qu'il était resté "durant plus d'un mois" chez les BRUSSELMANS.
Sur la photo ci-dessous, on peut reconnaître Sarnow, Minnich et Matthys avec Marie-Eugénie JADOUL, alias Minoucha. Il s'agit de la "blond lady" qui est allée les rechercher et les a ramenés chez Gaston Matthys.
Aline DUMONT vient les rechercher après qu'un homme les aie retrouvés, et les conduit chez Anne BRUSSELMANS. Ils sont envoyés chez Gaston MATHYS pour bien prouver qu'ils ont été retrouvés. MATTHYS leur explique que ESCRINIER prétendait avoir une ligne et s'était retrouvé avec 115 aviateurs qui avaient noyé la capacité d'absorption de la ligne d'évasion et exigeait 75 FB par homme et par jour avant de les fournir. Il part en train le 05 avec un homme jusqu'à la frontière, remis en gare par Aline DUMONT.
Il passe en France à Erquennes grâce au douanier belge François BOULARD et Georgette DIEU.
A Paris, ils rencontrent "un homme soigné" surnommé "Cashbox" (Jacques le GRELLE) qui les emmène à l'appartement du Dr Pierre HABERKORN, au 6 Avenue du Parc à Vanves, dont le frère dirige un théâtre. Ils logent chez lui du samedi 06 novembre au dimanche, puis vont chez un autre docteur de l'autre côté de la rue.
Le mercredi 10 au soir, ils prennent le train pour Bordeaux, guidés par une petite femme, Marcelle DOUARD. Ils reçoivent des nouveaux papiers avant Bordeaux. Les deux autres ont été guidés par une plus grande femme. A Bordeaux, Marcel ROGER et Jean-François NOTHOMB les guident à Bayonne.

Il loge à Sutar à l'auberge Larre de Jeanne MENDIARA. Guidé à Saint-Jean-de-Luz par Denise HOUGET, il franchit la Bidassoa avec Florentino et Marcel ROGER dans le 70e passage de Comète, en 10 heures de marche.
. Après un déjeuner dans une ferme, il arrive en train à San Sebastian le samedi 13 novembre. Il part le mardi 16 pour Madrid et reste à l'ambassade britannique jusqu'au vendredi 19 au soir. Il arrive à Gibraltar le 20 novembre et rentre en Angleterre le 23 par avion, avec Minnich.
Il est enterré au Newcastle Cemetery, Newcastle, CA.

déclaration de Sarnow
déclaration de Sarnow
Photo de René Ponty
Sarnow, Minnich et Matthys avec Marie-Eugénie Jadoul, alias Minoucha chez René Ponty.

Remerciement
Mot de remerciement de Sarnow dans le carnet de Pierre Elhorga.


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